11 février : la journée internationale des femmes et des filles de science 

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11 février : la journée internationale des femmes et des filles de science 

AB journée des femmes de science

Si le 8 mars, journée internationale des droits des femmes est maintenant une date clé ancrée dans la plupart des esprits, qu’en est-il du 11 février ? Moins connue mais tout aussi importante, cette date renvoie à la journée internationaledes femmes et des filles de science. Elle vise à mettre en lumière la contribution des femmes dans les avancées scientifiques et technologiques. Instaurée par les Nations Unies en 2015, cette journée rappelle que la science et l’égalité des genres doivent évoluer de pair pour répondre aux défis majeurs de notre société.

Si l’on ne peut nier les avancées en matière d’éducation, les femmes restent toutefois minoritaires dans les filières scientifiques, notamment dans la technologie, l’ingénierie ou encore les mathématiques. Un manque d’intérêt de la part des femmes ? La vraie raison de cette sous-représentation reposerait plutôt sur des stéréotypes persistants et des orientations genrées limitant par conséquent leur accès à ces domaines. À l’occasion de cette journée, il est donc essentiel de rappeler l’urgence d’agir pour une science plus inclusive et égalitaire.

La Journée internationale des femmes et des filles de science : un cadre mondial pour l’égalité

Pourquoi le 11 février est une date clé ? 10 points pour comprendre

  • Valoriser les modèles féminins 
  • Rendre visibles des parcours longtemps mis de côté 
  • Casser les stéréotypes de genre 
  • Lutter contre l’autocensure dès le plus jeune âge 
  • Ouvrir l’accès aux carrières scientifiques 
  • Favoriser l’égalité des chances 
  • Renforcer l’innovation par la diversité 
  • Allier innovation et justice sociale 
  • Répondre aux défis mondiaux de manière inclusive 
  • Transformer les engagements en actions concrètes

Une reconnaissance institutionnelle portée par l’ONU et l’UNESCO

La Journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée chaque année le 11 février, a été instaurée en 2015 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Son objectif est clair : reconnaître le rôle fondamental des femmes dans le progrès scientifique et technologique, tout en alertant sur les inégalités persistantes qui freinent leur intégration. Cette journée s’inscrit dans une volonté globale de promouvoir l’égalité des genres et de garantir aux femmes et aux filles un accès équitable à l’éducation, à la formation et aux carrières scientifiques.

L’UNESCO joue également un rôle central dans cette mobilisation internationale. En plaçant l’égalité des genres au cœur de sa mission, l’organisation agit à la fois sur les politiques publiques, la recherche, l’éducation et la sensibilisation. Elle soutient des programmes visant à encourager les vocations scientifiques féminines, à lutter contre les stéréotypes de genre et à créer des environnements scientifiques plus inclusifs. Pour les Nations Unies, l’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une question de droits fondamentaux, mais une condition essentielle au développement durable et à la paix. Le lien entre science, innovation et développement durable est aujourd’hui indissociable. Face aux défis majeurs que sont le changement climatique, la transition énergétique, la santé mondiale ou encore la préservation de la biodiversité, la science joue un rôle clé. Protéger la planète de demain nécessite l’implication de toutes et tous, sans exclusion.

La place des femmes dans la science à l’échelle mondiale

Vous l’aurez compris, lorsque l’on parle d’implication générale au profit de la planète, cela comprend donc la mobilisation des femmes. Pourtant, elles sont encore trop souvent éloignées des espaces de décision scientifique. En effet, malgré les engagements internationaux et les progrès réalisés en matière d’accès à l’éducation, les femmes restent sous-représentées dans le monde scientifique. Selon l’UNESCO, à l’échelle mondiale, elles représentent moins d’un tiers des chercheurs, et leur présence est encore plus faible dans certains domaines (sciences de l’ingénieur, mathématiques, technologies de pointe). Cette sous-représentation s’explique par un ensemble de facteurs : stéréotypes de genre, manque de modèles féminins, obstacles structurels dans les parcours professionnels et difficultés d’accès aux postes à responsabilité.

Cette situation relève à la fois des problématiques scientifiques, éthiques et sociétales. D’un point de vue éthique, l’exclusion des femmes dans la recherche remet en cause le principe d’égalité des chances. Sur le plan scientifique, se priver d’une partie des talents limite le potentiel d’innovation et la diversité des approches. Enfin, sur le plan sociétal, les inégalités dans les sciences renforcent des déséquilibres plus larges dans l’accès au pouvoir, à la reconnaissance et à la prise de décision.

La diversité est pourtant un moteur essentiel du progrès scientifique. Des équipes de recherche diversifiées maximisent leurs chances d’innover et d’exceller. Favoriser la place des femmes dans la science, n’est donc pas seulement une question de justice. Encourager et instaurer l’égalité des genres devient un levier indispensable pour répondre efficacement aux enjeux environnementaux et sociétaux actuels mais aussi pour répondre à ceux à venir.

Des inégalités persistantes dans les parcours scientifiques

Une sous-représentation marquée dès le parcours scolaire 

Les inégalités entre les femmes et les hommes dans les sciences apparaissent très tôt, dès les premiers choix d’orientation scolaire. Dès le lycée, les filles sont moins nombreuses dans les options scientifiques et technologiques et largement surreprésentées dans les parcours littéraires ou tournés vers le soin et les services. Cette non-mixité se renforce en terminale, notamment dans les filières technologiques où certaines spécialités restent massivement masculines. Ainsi, cela renforce l’idée que certaines disciplines seraient « naturellement » destinées aux garçons. Ce phénomène ne reflète pas un manque de compétences chez les filles puisque d’après un compte rendu du Ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, elles obtiennent de meilleurs résultats au baccalauréat que les garçons. Ce paradoxe est en réalité le résultat de mécanismes sociaux et culturels qui influencent les représentations et les ambitions dès l’adolescence.

En somme, ces représentations pèsent fortement sur la confiance des filles et leur capacité à se projeter dans des environnements où elles sont minoritaires. Craignant de ne pas trouver leur place ou doutant de leurs compétences, beaucoup s’autocensurent et privilégient des filières perçues comme plus alignées aux rôles féminins traditionnels.
Dans l’enseignement supérieur, le poids des stéréotypes demeure particulièrement marqué dans les filières courtes et techniques, ainsi que dans les classes préparatoires et les écoles d’ingénieurs, où la présence féminine reste limitée. Le manque de modèles féminins, tant parmi les enseignantes que dans les métiers visés, renforce davantage ce phénomène. Les inégalités de genres ne proviennent donc pas d’un évènement précis mais sont dûes à un cumul de situations et de remarques tout au long de la scolarité.

L’importance de l’entourage pour faire tomber les barrières liées aux stéréotypes de genre dans les sciences

Profondément ancrés et souvent intériorisés très tôt, les sciences sont encore trop souvent perçues comme des domaines « masculins », nécessitant des qualités que l’on prête moins souvent aux femmes. Ces idéologies répétées à l’école, dans les médias ainsi que dans la sphère familiale, finissent par sonner telles des vérités absolues à l’oreille des femmes. Tout cela décourage progressivement les jeunes filles au point de s’autocensurer et de s’interdire l’accès à certains milieux. 

Dans une société qui laisse peu de place aux femmes dans la sphère scientifique, l’entourage joue donc un rôle déterminant pour contrebalancer ces faits récurrents. Les attentes des parents, les discours des enseignants, ou encore les propos des conseillers d’orientation contribuent à inverser la tendance. Comme le souligne Claudie HAIGNERÉ, astronaute et ancienne ministre : « Dans le monde du digital et du codage, il y a seulement 10 % de femmes. Il y a sans doute un manque de modèles, de confiance en soi et une autolimitation plus sensible chez les jeunes filles que chez les jeunes garçons. »

Dans ce contexte, le soutien et l’encouragement peuvent faire toute la différence. Marine LORPHELIN témoigne en effet de l’importance de l’environnement familial dans les parcours scientifiques : « J’ai eu la chance de pouvoir faire des études. Je ne me suis mise aucune barrière, mes parents m’ont beaucoup soutenue. Aujourd’hui encore, beaucoup de jeunes femmes n’osent pas imaginer des études longues. »Ces témoignages mettent en lumière un sujet clé : favoriser l’émancipation des jeunes femmes intéressées par les sciences passe par un changement collectif des discours et des pratiques. Le choix d’orientation doit reposer sur les envies et les compétences, et non sur des normes de genre erronées.


La situation en France : un retard préoccupant, une urgence à agir 

Un constat alarmant malgré les politiques publiques

Si l’on ne peut nier une certaine prise de conscience et la mise en place de politiques publiques en faveur de l’égalité femmes-hommes, la France reste mauvaise élève en matière de féminisation des sciences. Selon les dernières données d’Eurostat publiées le 12 février 2024, à l’échelle de l’Union européenne, elle se classe seulement au 19ᵉ rang sur 27 en ce qui concerne la proportion de femmes exerçant comme scientifiques et ingénieures. 

Les chiffres confirment cette réalité préoccupante. D’après une étude réalisée par le Ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, en 2023, 39 % des chercheurs dans les organismes de recherche sont des femmes. Elles représentent 54 % des chercheurs dans les sciences humaines et 22 % dans les domaines des mathématiques et de l’informatique.

Par ailleurs, cette même étude montre qu’au sein du corps des enseignants-chercheurs, en 2023, la proportion de femmes en sciences et techniques était de 30 % contre 55 % en lettres et sciences humaines. Cette sous-représentation se retrouve à tous les niveaux, de la formation initiale aux carrières les plus avancées.Plus inquiétant encore, ces chiffres évoluent peu depuis plusieurs décennies. Cette stagnation interroge l’efficacité des dispositifs existants et met en évidence la nécessité de repenser les actions menées. Sans mesures structurelles et durables, les inégalités risquent de se perpétuer, freinant à la fois l’égalité des chances et le potentiel d’innovation scientifique du pays.

Agir pour féminiser durablement les sciences et technologies

Face à ce constat, agir devient une urgence collective. Les institutions publiques ainsi que l’ensemble des acteurs de l’éducation ont un rôle à jouer pour favoriser une mixité dans les filières scientifiques.

Afin de déconstruire les idées reçues et d’encourager la curiosité, la confiance en soi et l’ambition scientifique chez toutes et tous, la sensibilisation doit commencer dès le plus jeune âge. Cela peut notamment passer par le fait de : 

  • Organiser des conférences, tables rondes avec des figures féminines scientifiques afin de mettre en avant des modèles inspirants (retour d’expérience, partage de parcours scolaire/professionnel, conseils…)
  • Intégrer davantage de modèles féminins dans les programmes scolaires (faire intervenir des conférencières en classe, passer des documentaires avec des profils féminins, mettre en avant des femmes dans les manuels…)
  • Sensibiliser les équipes éducatives et les conseillers d’orientation aux biais de genre et aux stéréotypes dans les choix d’orientation
  • Encourager les filles dès le plus jeune âge à expérimenter les sciences à travers des ateliers pratiques, clubs scientifiques ou stages de découverte
  • Valoriser les parcours scientifiques féminins dans les médias, sur les réseaux sociaux et lors d’événements institutionnels
  • Mettre en place des programmes de mentorat reliant étudiantes, professionnelles et chercheuses
  • Associer les familles aux actions de sensibilisation pour déconstruire les idées reçues dès l’orientation scolaire
  • Capitaliser sur des temps forts comme la Journée internationale des femmes et des filles de science (11 février) pour mobiliser durablement autour de ces enjeux


6 conférencières pour parler de la place des femmes dans le milieu scientifique : 

Pour maximiser la portée de votre évènement et gagner en crédibilité en ce qui concerne la parité hommes-femmes dans les milieux scientifiques, pourquoi ne pas organiser une conférence avec des intervenantes aux parcours inspirants ?

Portrait de Claudie HAIGNERÉ
©Simone & Nelson
Claudie HAIGNERÉ – Spationaute & Femme politique

Docteur en neuroscience, astrophysicienne et spasionauste, Claudie HAIGNERÉ est une scientifique et une femme politique française inspirante. Première femme française à aller dans l’espace, elle est Officier de la Légion d’Honneur et également Chevalier de l’Ordre National du Mérite.

 

Femme astronaute, mais également conférencière, elle aborde durant ses interventions les thématiques de l’excellence, du leadership et du management.

 

Contactez Claudie HAIGNERÉ : [email protected]

Portrait de Marine LORPHELIN
©Louise Betaille / Elema Agency / Phototele
Marine LORPHELIN – Miss France 2013, chroniqueuse et docteur en médecine générale

Marine LORPHELIN est Miss France et 1ere Dauphine de Miss Monde en 2013, la jeune femme s’est imposée comme une personnalité médiatique aux multiples facettes. Elle est l’une des femmes les plus titrées du concours Miss France. Elle est également docteur en médecine générale depuis 2022.

 

Marine LORPHELIN, animatrice, témoigne de son parcours inspirant, abordant des thèmes comme le bien-être, la persévérance et l’épanouissement personnel.

Portrait de Cécile MONTEIL
©Fabrice Cateloy
Cécile MONTEIL – Médecin urgentiste & Experte en e-santé

Cécile MONTEIL est un médecin spécialiste de la e-santé. À l’origine de la communauté en ligne Eppocrate, elle exerce également aux urgences pédiatriques de l’hôpital Robert Debré à Paris.

Portrait de Heidi SEVESTRE
©Bruno Levy
Heïdi SEVESTRE – Glaciologue en Arctique et Antarctique et communicante scientifique

Heïdi SEVESTRE est une glaciologue réputée qui réalise chaque année de nombreuses recherches sur le terrain lors d’expéditions dans des régions froides. Cette communicante scientifique se focalise principalement sur la dynamique des glaciers en Arctique et sur la structure des barrières de glace en Antarctique. En entreprise, elle intervient sur différents sujets autour du climat et de la sensibilisation.

Portrait de Sarah ANTIER
©Sarah ANTIER
Sarah ANTIER – Astrophysicienne

Sarah ANTIER est astronome adjointe (eq. enseignant chercheur) à l’Observatoire de la côte d’Azur. En 2018, elle figure parmi les 30 lauréates de la bourse L’Oréal-Unesco, une initiative qui vise à favoriser les travaux des chercheuses et à inciter les jeunes filles à se tourner vers la science. Conférencière experte dans le domaine de l’astronomie dite multimessagers, elle se distingue par ses travaux avant-gardistes sur les ondes gravitationnelles (déformations de l’espace et du temps).

Portrait de Laura ANDRÉ-BOYET
©Jérôme HUMBRECHT
Laura ANDRÉ-BOYET – Une ingénieure qui se dépasse

Titulaire d’un double diplôme d’ingénieur en Sciences Biomédicales et d’un Executive MBA spécialisé dans le spatial, Laura ANDRÉ-BOYET travaille depuis plus de 10 ans dans le milieu des vols spatiaux habités. 

La Journée internationale des femmes et des filles de science rappelle que l’égalité dans les sciences est encore loin d’être acquise. Au-delà d’une journée de sensibilisation, elle doit être un levier d’action pour déconstruire les stéréotypes, encourager les vocations et garantir aux femmes et aux filles une place dans les domaines scientifiques. Favoriser la diversité en science, c’est non seulement une question d’égalité, mais aussi une condition essentielle au progrès et à l’innovation pour l’ensemble de la société. Comme dirait Claudie HAIGNERÉ : “Puissions nous donner toutes leurs chances à celles qui veulent explorer les chemins de la science et des techniques !”

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