Figure emblématique de l’escalade et de l’alpinisme, Catherine DESTIVELLE incarne une vision engagée de la montagne. Première femme à recevoir le Piolet d’or Carrière, elle a marqué l’histoire par ses exploits, mais aussi par son rapport profondément respectueux au milieu naturel. À travers ses pratiques, ses prises de parole mais également ses ouvrages, elle invite à repenser le lien entre escalade, liberté et responsabilité. À l’heure où l’escalade rime pour beaucoup avec divertissement et bon temps, la sportive souhaite faire passer un message clé : aimer la montagne, c’est avant tout apprendre à la préserver.
Catherine DESTIVELLE : une vision de l’escalade basée sur l’éthique et le respect de la nature
Une carrière bâtie autour de l’engagement et de la sobriété
Tout au long de sa carrière, Catherine DESTIVELLE a défendu une approche de l’escalade et de l’alpinisme ancrée dans le respect du milieu naturel. Ses ascensions souvent réalisées en solitaire et en autonomie, témoignent d’un réel engagement loin de toute optique de suréquipement ou de démonstration spectaculaire. Pour elle, la montagne est maîtresse, elle impose ses règles et c’est au grimpeur de s’y adapter, non l’inverse. Elle le dit elle-même : “On n’est jamais maître de la montagne, seulement invité. »
Cette philosophie repose sur une écoute attentive de l’environnement : conditions météorologiques, état du terrain, fragilité des parois ou des écosystèmes alentour. Catherine DESTIVELLE aime rappeler qu’en montagne, on ne domine rien, soit on s’adapte lorsque les conditions le permettent soit on renonce. Le renoncement est d’ailleurs loin d’être un échec pour la sportive, cela fait même partie intégrante de sa vision de la discipline. Faire les bons choix, faire preuve de résilience, c’est aussi ça qui montre le professionnalisme et la maturité d’un alpiniste.
À contre-courant de certaines tendances actuelles qui valorisent notamment la vitesse ou les records, Catherine DESTIVELLE ne cherche pas à se mettre en spectacle. Pour elle, l’alpinisme n’est pas qu’une question d’exploit, il s’agit avant tout d’une rencontre avec la montagne, il y a là quelque chose de l’ordre de la connivence, de l’intime. Humilité, patience et respect pourraient bien être les maîtres mots de la sportive, bien plus importants à ses yeux que l’unique quête du succès.
Transmettre les valeurs fondatrices de l’escalade
Aujourd’hui, la fan d’escalade ne se contente plus de grimper : elle transmet. À travers ses livres, ses conférences ainsi que ses passages médiatiques, elle tente d’éclairer le grand public sur l’histoire de l’escalade et de l’alpinisme. Pour elle, la préservation passe par la connaissance. En somme, elle souhaite éviter que la pratique ne perdre de son sens à mesure qu’elle se popularise.
Dans ses témoignages, elle insiste sur l’importance de la transmission et cela passe par l’exemple. Pas besoin de discours moralisateurs pour sensibiliser les nouvelles générations, il leur faut du concret, des modèles inspirants sur lesquels se baser. C’est donc aux professionnels de transmettre non pas des “règles” qui pourraient sonner péjorativement mais “des bons gestes”. En montrant qu’il est possible d’allier engagement sportif et respect de la nature, elle invite les grimpeurs à adopter une posture plus responsable et ce peu importe l’âge ou le niveau. À l’heure de la surfréquentation de certains sites et de la multiplication des pratiques de loisirs, Catherine DESTIVELLE appelle à une prise de conscience collective. Non, la montagne n’est pas un terrain de jeu comme un autre, il est donc important de la préserver.
L’escalade en milieu naturel, une pratique qui n’est pas sans conséquence face aux enjeux environnementaux
Une pratique aux impacts réels sur les sites naturels
Si l’escalade est souvent perçue comme une activité « douce » pour l’environnement, sa pratique en milieu naturel n’est pourtant pas sans impact. La fréquentation croissante des falaises entraîne une dégradation progressive des parois. Par ailleurs, les sentiers d’accès, parfois créés de manière informelle, s’élargissent au fil des passages, favorisant ainsi l’érosion et la destruction de la végétation. C’est sans oublier les sols, qui piétinés de manière répétée, deviennent compactés et parfois stériles, modifiant durablement l’équilibre du sol.
À cela s’ajoutent les traces visibles laissées par la magnésie. Bien que cette sorte de craie améliore l’adhérence aux surfaces, son usage excessif marque la roche de dépôts blancs persistants. De ce fait, cette matière altère l’aspect naturel des parois et contribue à une forme de pollution visuelle.
Enfin, l’impact de l’escalade ne se limite pas au sol et à la roche. La présence humaine peut également perturber la faune locale, en particulier dans les zones sensibles où nichent certaines espèces d’oiseaux. Le bruit, les passages mouvementés et la proximité avec des habitats naturels engendre une fragilisation des écosystèmes. Ces effets, souvent invisibles à court terme, s’inscrivent pourtant dans la durée.
Liberté de grimper et nécessité de régulation
Face à ces constats, une question majeure se pose : comment concilier la liberté de grimper avec la nécessité de protéger les milieux naturels ? Pour de nombreux pratiquants, l’accès libre à la nature constitue l’essence même de l’escalade. Les restrictions sont alors perçues comme une remise en cause de cette fameuse liberté. Pourtant, dans certains contextes, la régulation devient indispensable pour préserver des sites menacés.
Ces dernières années, les fermetures temporaires ou permanentes de voies se sont multipliées, notamment dans les zones protégées ou lors des périodes de nidification. En mai 2023, la mairie de Chauzon, propriétaire d’une partie de la falaise, avait d’ailleurs décidé de supprimer une soixantaine de voies d’escalade sur les 313 lignes existantes afin de faciliter le retour de l’aigle de Bonelli. Si ces mesures répondent à des impératifs écologiques, elles suscitent des débats au sein de la communauté des grimpeurs. Certains y voient une protection nécessaire, d’autres une stigmatisation de leur pratique, surtout lorsque des activités tout aussi impactantes continuent d’être autorisées à proximité.
Ces tensions révèlent un enjeu plus large : définir collectivement la juste limite entre pratique sportive et préservation. La solution ne réside sans doute ni dans l’interdiction systématique ni dans l’absence totale de règles, mais dans un dialogue entre pratiquants, fédérations, associations environnementales et gestionnaires de sites. Une escalade durable passe par une responsabilité partagée, où chacun accepte que la liberté de grimper s’accompagne d’un devoir de respect et de vigilance envers la nature qui l’accueille. La complexité de ce genre de tensions réside une fois de plus dans l’équilibre.
Faire coexister escalade et protection de l’environnement, comment y parvenir ?
Adopter des pratiques responsables et conscientes
Peut-on continuer à grimper librement tout en préservant durablement les milieux naturels ? Cette question concerne aujourd’hui toute la communauté des grimpeurs. Face à la fragilité croissante des sites, la réponse passe avant tout par une prise de conscience individuelle. Voilà donc une liste des pratiques à suivre pour minimiser son impact personnel :
- Respecter les sentiers, le silence et les lieux : rester sur les chemins balisés permet de limiter l’érosion et de préserver la flore. Réduire le bruit contribue également à ne pas perturber la faune locale, souvent invisible mais très sensible à la présence humaine.
- Limiter l’usage de la magnésie et nettoyer après son passage : utiliser la magnésie avec parcimonie, privilégier les couleurs discrètes et brosser les prises après la grimpe permet de conserver l’aspect naturel des parois.
- Intégrer la responsabilité individuelle à chaque sortie : se poser la question de son impact avant, pendant et après la pratique devient essentiel. Grimpe-t-on ici au bon moment ? Le site peut-il supporter cette fréquentation ?
Le rôle clé de la transmission et des figures inspirantes
Au-delà des comportements individuels, la pérennité de l’escalade en milieu naturel repose sur la transmission des valeurs. Les fédérations, les associations locales et les gestionnaires de sites jouent un rôle central dans la sensibilisation des pratiquants, à travers des chartes de bonne conduite, des campagnes d’information ou des actions de terrain.
Cette transmission peut également passer par des interventions dans les écoles, les clubs ou les salles d’escalade, lieux privilégiés pour toucher les jeunes grimpeurs dès leurs débuts. Sensibiliser tôt permet de créer une culture commune du respect, avant même les premières sorties en falaise. Ce travail de sensibilisation peut également avoir lieu en entreprise. Parmi vos équipes, certains sont peut-être adeptes de la montagne, alors à vous en temps qu’employeur de leurs délivrer les clés pour qu’ils puissent pratiquer en toute légitimité. Pour ce faire, organiser une conférence sur le sujet pourrait renforcer vos engagements environnementaux auprès de vos employés.
Si les novices ont leur part de responsabilités, les grimpeurs expérimentés sont tout aussi concernés. Par leurs gestes, leurs choix et leur discours, ils servent de modèles aux nouveaux pratiquants. L’exemplarité devient alors un puissant levier d’apprentissage, souvent plus efficace que les règles imposées.
Catherine DESTIVELLE incarne d’ailleurs pleinement ce rôle de figure inspirante. Elle a effectivement écrit plusieurs livres retraçant l’histoire de l’alpinisme. On retrouve notamment la bande dessinée “Il était une fois l’escalade”. Elle a par ailleurs édité une seconde BD : “Gravir le Mont-Blanc sans inquiéter ses parents”. Ce dernier est un livre pédagogique, humoristique et pratique, rempli de conseils pour ceux qui veulent découvrir la haute-montagne. Comme l’explique la sportive : « Il a été écrit par les Modestes, un groupe de jeunes auteurs qui ont découvert la montagne par eux-mêmes et qui font part de leur expérience et de leur parcours pour devenir autonomes en montagne ». Voilà un concept unique en son genre qui reflète parfaitement les valeurs et engagements de Catherine DESTIVELLE : un mix d’authenticité et de partage au service de la préservation de l’environnement.
Catherine DESTIVELLE est une alpiniste française de renom, devenue l’une des meilleures grimpeuses mondiales depuis la fin des années 1980. A partir des années 1990, elle se tourne vers l’escalade de haute montagne et réalise de nouveaux exploits lors de ses ascensions.
L’escalade en milieu naturel ne peut exister durablement sans une prise de conscience collective. À travers son parcours et ses prises de position, Catherine DESTIVELLE rappelle que la liberté offerte par la montagne va de pair avec une responsabilité envers les milieux que nous traversons. Environnement et RSE, collectif, risque et sécurité, résilience sont autant de sujets que l’alpiniste aborde lors de ses interventions en entreprises. Des thématiques axées autour de l’escalade mais qui renvoient en réalité à des préoccupations environnementales communes à tous.
Pour maximiser la portée de votre évènement et gagner en crédibilité en ce qui concerne le respect de l’environnement, pourquoi ne pas faire intervenir Catherine DESTIVELLE ?