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Interview célébrité : Stéphane Houdet (tennis handisport)
Handisport

| Publié le 6 mars 2012

Interview célébrité : Stéphane Houdet (tennis handisport)

« Le lundi, c’est Celebrity » – chaque lundi, nous interviewons une célébrité !
Aujourd’hui, c’est Stéphane Houdet, vainqueur  des 4 Grand Chelem en double, des JO de Pékin en 2008 et actuel 2ème mondial de tennis handisport, qui nous fait l’honneur de répondre à nos questions.

Comment ça va Stéphane? Quelle est ton actualité ?

Je me trouve actuellement à Saint-Hilaire-de-Riez, en Vendée, où je viens de remporter les championnats de France face à Nicolas Peifer (n°4 mondial) 6/4 – 5/7 – 7/6. De retour à Paris, je vais me préparer pour la tournée américaine qui nous réserve un tournoi à Bâton Rouge en Louisiane puis deux tournois en Floride.  Ensuite, nous terminerons ce début d’année avec la Coupe du Monde qui aura lieu au Japon et en Corée à partir du 9 mai.

Le grand objectif de 2012 reste les Jeux Olympiques de Londres dont on ne connaît pas encore les qualifiés. Actuellement n°2 mondial, j’ai quand même de bonnes chances d’y participer. J’espère y décrocher le titre en simple.

Tu as un parcours atypique et extraordinaire puisqu’avant de devenir un des meilleurs joueurs mondiaux de tennis en fauteuil, tu as dominé le championnat européen de golf en 2003 et 2004 ? Peux-tu nous dire comment on passe de l’un à l’autre ?

C’est un cheminement finalement assez simple qui s’explique par les répercussions de mon accident de moto. Pendant 8 années, les médecins ont travaillé pour essayer de conserver et de rétablir ma jambe gauche qui était très abimée et complètement bloquée. C’est avec ce handicap que j’ai pratiqué le golf.

Je ne savais pas, à l’époque, qu’on pouvait faire du tennis fauteuil sans vivre dans un fauteuil. En plus, l’apprentissage des déplacements en fauteuil prend du temps alors que la satisfaction de taper dans la balle au golf vient très rapidement. Je suis ainsi devenu le meilleur joueur européen.

Ensuite,  j’ai rencontré Johan Cruijff (le footballeur néerlandais) qui m’a aidé dans mon projet de monter un circuit mondial de golf. Il m’a encouragé à aller voir ce qui se faisait de mieux à l’époque en terme d’organisation et c’était le tennis. C’est en me rendant sur une compétition que j’ai attrapé le virus. Parallèlement, j’ai finalement été amputé. C’était le début de l’aventure.

D’après toi, pourquoi une marque pourrait-elle faire appel à toi ?

Je crois être avant tout que nous, sportifs handisport, intégrés socialement avec parfois des parcours scolaires de haut niveau, avons des histoires extraordinaires à raconter.  Si je fais un focus sur le tennis, nous avons la chance d’être présents sur toutes les deuxièmes semaines des tournois du Grand Chelem.

Nous nous retrouvons dans les vestiaires avec Federer ou Nadal. C’est une exposition qu’aucun autre sport en fauteuil ne parvient à avoir.

Cela signifie qu’une entreprise peut ne pas avoir les moyens de se payer une loge à Roland Garros mais peut se payer une place sur mon polo pour un ou tous les tournois du Grand Chelem en bénéficiant d’une belle visibilité.

Je sors à l’instant d’une réunion avec des ingénieurs Arts et Métiers pour améliorer la position assise en fauteuil et se rapprocher de plus en plus de la position verticale. Cela améliorera de manière mécanique mes performances sportives. Je peux donc avoir un discours technique qui peut intéresser des entreprises.

Enfin, j’ai complété mon parcours (je suis vétérinaire de formation) par des études à Sciences Po Paris. Je suis ainsi conférencier bilingue depuis 2005.

Avec quelles marques as-tu déjà travaillé ?

Merial qui est un laboratoire vétérinaire, était mon partenaire lorsque je jouais au golf. Plus récemment, je faisais partie du team Lagardère et j’avais de nombreux sponsors. Avec la fin de l’aventure Lagardère et la crise, il me reste un partenaire qui est BNP Paribas, la banque de tous les tennis. J’essaie actuellement de signer un contrat avec un équipementier mais il faut reconnaître que la période est compliquée.

Le regard des marques sur le handicap est-il en train d’évoluer?

Complétement. On est aujourd’hui à un carrefour de l’histoire, à une sorte de frontière entre l’homme handicapé et l’homme « bionique ». Le rapport est en train de s’inverser. Thierry Mugler n’a pas choisi Oscar Pistorius par hasard. C’est un coureur qui, avec ses lames en carbone, fait peur aux coureurs valides. Aimée Mullins, mannequin et  athlète amputée des deux jambes, vient de signer un contrat d’égérie avec L’Oréal, au même titre que Gwen Stefani ou Jennifer Lopez. Pour une marque, être capable d’être novatrice sur la communication avec de telles égéries, est un plus énorme.

A quels types de marques souhaiterais-tu t’associer ?

Je pense que les assureurs ont une belle histoire à raconter avec nous qui avons été accidentés puisqu’ils peuvent dire qu’ils étaient là avant, pendant et qu’ils sont toujours là aujourd’hui. Moi qui ai eu un accident de moto, j’aimerais faire une communication positive avec la Mutuelle des Motards, par exemple.

Le monde du tourisme pourrait aussi communiquer avec moi sur la qualité de service et l’accessibilité. D’autant qu’en tant que sportif professionnel, je voyage énormément. Enfin, il y a évidemment les secteurs plus liés à mes affinités personnelles comme les laboratoires puisque je suis médecin vétérinaire de formation.

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